Action#4 - Les Blessures des crocodiles

Autrice : Marine Bachelor Nguyen
Mise en scène de Fanny Rudelle
Création sonore par Eric Guennou
Solo pour une actrice, Vanessa Liautey
Jauge : 60 personnes.
Tout public à partir de 12 ans.
Durée estimée du spectacle : 40 minutes
Durée estimée du débat : 30 minutes

Cette 4ème Action artistique et citoyenne se penche sur l’incroyable fossé existant encore, en 2021, entre les femmes et les hommes, entre les garçons et les filles.

Fossé que l’on retrouve tant dans la sphère publique que privée.

 

Nous avons travaillé sur ce sujet par le biais des injonctions faites aux hommes et cela dès leur plus jeune âge. Nous connaissons toutes et tous la place assignée aux femmes dans notre société, cette connaissance provient de longues luttes, d’écrits, d’actes forts et du courage de nombreuses femmes. Tant de films, de romans, de débats, de textes de Loi depuis des siècles maintenant et pourtant cette égalité (reconnue, établie par la Loi) n’est pas toujours visible dans notre quotidien, perçue dans notre inconscient, vécue dans nos rapports les uns aux autres, les unes aux autres.

 

Alors pour réveiller nos inconscients, si on s’intéressait aux injonctions faites aux jeunes garçons, aux jeunes hommes ; les qualités qu’un garçon « se doit d’avoir », le rapport qu’il « se doit d’établir » avec un autre garçon, avec une fille, une femme ;

Si on parlait du métier que le jeune homme « se doit d’accomplir », du sport qu’il « se doit de pratiquer »…par le biais d’une forme brève et légère, cela serait un angle d’attaque percutant, différent.

Faire surgir en eux et en elles combien le sexe masculin est lui aussi contraint, guidé, assigné à être « fort, grand, puissant, central, viril » Faire ainsi le pari d’un texte pour une actrice où avec humour nous nous pencherions sur ces injonctions faites dès leur plus tendre enfance.

« …Être un homme c’est obéir à un faisceau d’injonctions comportementales et morales et faire sans cesse la démonstration de leur parfaite intériorisation si bien que la virilité constitue une sorte de performance imposée, un idéal hautement contraignant. Tandis que les filles sont dites peureuses, faibles et pleurnicheuses ; on attend des garçons qu’ils soient forts et courageux, on leur interdit les larmes, on leur enseigne que la violence est chez eux un penchant naturel.

L’origine de la subordination de la femme dans le monde économique, la phobie de l’alliance avec le même a conduit les hommes à exclure les femmes des positions de pouvoir. En s’octroyant le monopole de la chasse, des armes et des objets sacrés, ils ont préempté les postes stratégiques dans l’immense espace public : le mode économique, mais aussi politique, intellectuel et artistique, et reléguée les femmes dans le petit espace privé et la vie domestique : le foyer, la demeure, la maison

La sexualisation des taches s’est donc accompagnée d’une sexualisation de l’espace : d’un côté l’extérieur la sphère publique, de l’autre, l’intérieur la sphère privée. La première étant placé au-dessus de la seconde situé au-dessous. »

Nous avons fait appel à Marine Bachelot Nguyen. Autrice engagée, elle explore l’alliance de la fiction et du documentaire, les croisements du corps et du politique, les questions féministes et post-coloniales. Elle a écrit tout spécialement ce texte, une pièce de théâtre pour la Maison Théâtre : « Les Blessures des crocodiles ».

 

Ce texte est le détour poétique qui provoquera la question du débat: comment parvenir à être soi sans notre société?

 

Extrait :

« Dans ce 21ème siècle, j’ai aussi été un crocodile. Pas forcément un crocodile toxique, pervers narcissique ou violeur, juste un banal crocodile.

Un crocodile adolescent qui siffle les filles dans la rue, qui commente leur physique à voix haute et tente sa chance (…) Qui m’a soufflé qu’elles étaient là, à ma disposition, pour la drague, la chasse, l’apprentissage de ma virilité ?



J’ai été un crocodile qui s’écoute discourir, qui coupe la parole aux femmes, qui leur explique la vie. Un crocodile qui écarte tranquillement les jambes dans le métro. Qui se sent à l’aise, légitime dans l’espace public, au travail ou bien ailleurs. Et qui ne voit pas que la place qu’il prend, partout, avec sa gueule et son corps de crocodile, est évidemment de l’espace en moins pour les femmes.

 

L’origine de la subordination de la femme dans le monde économique, la phobie de l’alliance avec le même a conduit les hommes à exclure les femmes des positions de pouvoir. En s’octroyant le monopole de la chasse, des armes et des objets sacrés, ils ont préempté les postes stratégiques dans l’immense espace public : le mode économique, mais aussi politique, intellectuel et artistique, et reléguée les femmes dans le petit espace privé et la vie domestique : le foyer, la demeure, la maison

La sexualisation des taches s’est donc accompagnée d’une sexualisation de l’espace : d’un côté l’extérieur la sphère publique, de l’autre, l’intérieur la sphère privée. La première étant placé au-dessus de la seconde situé au-dessous. »

Découvrez toutes les représentations de la Maison Théâtre sur la page actualités.

Vanessa Liautey dans Action#4 Les Blessures des crocodiles - La Maison Théâtre
Vanessa Liautey - Action#4 Les Blessures des crocodiles - La Maison Théâtre
Vanessa Liautey dans Action#4 Les Blessures des crocodiles - La Maison Théâtre

L'INTER#ACTION - LES BLESSURES DES CROCODILES - LE DéBAT

Le débat est un moment de partage composant lui-même une partie des spectacles-pédagogiques. Nous l’avons pensé comme un temps d’échange: une réaction, une discussion  entre les spectateurs. Ils peuvent prendre la parole et débattre entre eux des questions soulevées par le spectacle. Ici nous vous proposons de poursuivre cet échange avec un peu de recul sur le thème abordé: vous pourrez répondre aux questions, apporter votre réflexion, votre positionnement, ou encore déposer vos créations artistiques inspirées par les spectacles des cycles ACTIONS et DEMOCRATIE(S…?).

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