crédit photos : Marc Ginot

Action#2 Guerre, et si ça nous arrivait ?

 

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Solo pour une comédienne, Vanessa Liautey
(En alternance avec Fanny Rudelle)
Mise en scène de Fanny Rudelle
Auteur : Janne Teller
Traduction : Laurence W.O. Larsen
(Editions Les Grandes Personnes)
Jauge : 60 personnes.
Tout public à partir de 10 ans.
Durée estimée du spectacle : 40 minutes
Durée estimée du débat : 30 minutes

À propos de l’œuvre de Janne Teller, Chronique du Monde des Livres, février 2012, par Florence Noiville :

 

« Enfin un livre nécessaire ! On y entre avec un peu d’imagination – mais hélas pas tant que ça… C’est la guerre en Europe occidentale. « Imagine, dit Janne Teller à son jeune lecteur, les murs de ton appartement sont percés de trous, les vitres brisées… L’hiver arrive, les canalisations ont sauté. Ta mère est malade… »

Teller s’adresse à un Français de 14 ans. Son meilleur ami a disparu. Son père était député, mais il n’y a « pas de place pour les parlementaires dans ce nouveau monde. » La démocratie a engendré l’Union européenne et l’Union européenne a été un échec. « Voilà ce qu’ils disent. Personne n’a le droit d’être démocrate dans ce nouveau monde. » Le jeune Européen et sa famille doivent donc s’exiler. Mais où ? Le monde arabe est le plus proche qui soit encore en paix, mais des réfugiés, il n’en veut pas. « Les Européens ne parlent pas arabe. Ils ne savent rien faire d’autre que brasser du papier. Personne n’a besoin de ça… » Un renversement de perspective et tout est différent, la fuite, l’exil, la survie en milieu hostile, les vies volées… Guerre. Et si ça nous arrivait ? est un texte important pour mieux comprendre l’immigration et l’exclusion. Pour se persuader que tout est réversible. Pour saisir enfin ce qui fait le prix des démocraties. »

Le choix du texte : Guerre, et si ça nous arrivait, de Janne Teller, traduction Laurence W.O. Larsen (Editions Les Grandes Personnes)

Face à ce que nous entendons dans les débats publics, à la boulangerie, à la télévision, face à ce que nous lisons dans les journaux, face à ce qu’il semble être devenu la norme, nous souhaitons mettre à jour cette peur de l’autre, l’autre qui vient les mains vides et en détresse ; il nous semble important de tenter de faire le chemin.

Expérience, plongée… Ici, une femme vous invite à quitter ce qui vous est familier. Par un simple renversement de perspective, tout va vous paraître différent. La fuite, l’exil, la survie en milieu hostile, vos vies volées… En l’espace de 30 minutes nous voici ensemble victime d’une autre réalité, celle de celles et ceux qui fuient les guerres partout dans le monde. Un texte important pour comprendre l’immigration et l’exclusion en changeant nos perspectives.

Pas à pas, mot à mot nous allons perdre notre famille, notre emploi, nous allons devoir trouver de faux papiers, nous allons devoir attendre dans un camp de longs mois dans le froid et la faim, nous allons devoir interrompre nos rêves de voyages, d’amitiés, d’amour, de cinéma, d’insouciance…

Nous allons devoir accepter de petits boulots pour survivre, apprendre une langue en un temps record, supporter les regards suspicieux, se faire une place pour survivre. Nous pensons que l’expérience, le fait de passer par la sensation, l’émotion que cela nous procure est le seul moyen de rompre cette ligne, ce mur qui nous enferme et nous empêche de découvrir les richesses de ces familles, de ces jeunes hommes, femmes, enfants qui ont besoin de nous aujourd’hui et dont nous pourrions avoir besoin si nous les connaissions mieux. Un art de la médecine, une connaissance dans une discipline particulière, une autre version de l’histoire du monde, etc.  Cette traversée aujourd’hui nous semble nécessaire afin de saisir par la force de l’imagination ce qui fait le prix des démocraties.