crédit photos : Marc Ginot

Action#1 Je suis Rosa Parks

 

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Solo pour une actrice, Fanny Rudelle
Mise en scène de Vanessa Liautey
D’après Noire, de Tania de Montaigne
(Editions Grasset)
Jauge : 60 personnes.
Tout public à partir de 10 ans.
Durée estimée du spectacle : 35 minutes
Durée estimée du débat : 30 minutes

« Je suis Rosa Parks… » La comédienne Fanny Rudelle, blanche de peau, née 20 ans après l’événement du bus de Cleveland, commence par ces mots. Elle porte ce symbole comme un pied de nez fait à l’histoire, comme une volonté de dire que nous pouvons tous nous battre contre les injustices et que ce n’est pas l’apanage d’un peuple sur un autre. Discriminer c’est séparer, aujourd’hui, nous sommes ensemble dans ce combat contre les discriminations raciales.

Elle nous raconte comment le glissement se fait, de l’anonymat au symbole ; ce qui l’a modifiée à tout jamais et qui a modifié l’Histoire, cette fameuse nuit dans ce bus de Cleveland avenue : « Je suis née à moi-même le soir du 1er décembre 1955 ».

« Sometimes I feel like a motherless child » nous enveloppe, comme une mélopée, un cri qui déchire l’histoire.

Les spectateurs sont installés au plus près de la comédienne, immergés dans une ambiance tantôt sombre, tantôt lumineuse. Ils ressentent en eux-mêmes le poids de l’injustice, puis le soulagement de la libération. Rosa Parks a obtenu gain de cause : le 13 novembre 1956, la Cour suprême des États-Unis casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles. Ce combat, elle ne l’a pas mené seule : derrière elle se trouvent Claudette Colvin, Martin Luther King, ainsi qu’une foule d’anonymes. « Chaque personne devrait vivre sa vie comme un modèle pour les autres » nous dit Rosa Parks. Être Rosa Parks est à la portée de nous tous.

Le choix du texte : Noire, de Tania de Montaigne (Editions Grasset)

Lors de nos lectures et travaux de réflexions, de recherche et de construction nous avons lu entre autres textes et romans, Noire de Tania de Montaigne.

Après de nombreuses recherches, Noire par son écriture et par la découverte de l’histoire de Claudette Colvin, cette jeune fille ayant le courage de se révolter à 15 ans dans un bus avant que ne le fasse Rosa Parks et toute l’histoire de la construction d’un mouvement de grande ampleur, nous a semblé être le texte le plus proche de notre démarche.

Faire comprendre aux jeunes gens et jeunes filles que l’on peut à tout âge se positionner, ne pas accepter, dire Non.

Mais également que la lutte n’est profitable, créatrice, que si elle est structurée.

Noire nous prend par la main, nous parle, nous emmène quelques années en arrière, nous fait vivre en Alabama, à Montgomery. Une vie concrète, réelle, injuste, dangereuse, celle que nous tous aurions vécue si nous étions noirs en 1950 aux États Unis. Et cette simplicité nous renvoie fortement à nous-même et ainsi le chemin pour se soulever contre ce qui nous semble injuste est clairement tracé.

La proximité que Tania de Montaigne installe avec ses lecteurs est parfaitement en adéquation avec le type de rapport que nous développons dans notre projet.

Prendre le spectateur par la main, l‘accompagner, plonger ensemble dans un monde non pas imaginaire, mais bien un monde qui a pu exister mais que nous ne connaissions pas dans nos chairs.